La fiche NutriChef, lue de près
Sur le papier : 5,5 L, un flux d'air à 360°, un thermostat qui grimpe à 200 °C, 60 minutes de minuterie, des commandes tactiles LED et 8 modes de cuisson. Le récipient est transparent, et la fiche parle d'une fenêtre pour surveiller les aliments. Les pièces passent au lave-vaisselle, l'appareil coupe tout seul et se protège contre la surchauffe.
Ce qui manque compte autant. La puissance n'est indiquée nulle part. Ni dimensions officielles, ni poids : ceux des revendeurs mesurent souvent l'emballage, je ne les reprends pas. La fiche dit enfin « revêtement antiadhésif durable » sans dire sur quelle pièce il se trouve.
La référence de ce modèle est NCAF539TW. Sa version à 12 modes, EUNCAF539TB, est le même appareil avec 4 programmes préréglés en plus : je la présente sur cette fiche.
Un bol transparent : le vrai intérêt
Sur un air fryer classique, tu sors le panier pour voir où en sont les frites, et l'air chaud s'échappe à chaque fois. Ici, un coup d'œil suffit. Tu vois la couleur monter, le fromage gratiner, la peau du poulet se tendre.
Ce confort profite surtout aux débutants, qui n'ont pas encore leurs repères de temps, et aux plats qui passent vite du doré au brûlé : panures fines, chips de légumes, pain grillé.
Le verre ne s'altère pas avec le temps comme un antiadhésif. Il ne retient pas les odeurs de poisson ou d'épices et ne garde pas de film gras une fois lavé.
Voir n'empêche pas de brasser. Le verre te montre que les frites du dessus dorent plus vite que celles du fond, il ne les retourne pas pour toi. Ouvre une fois à mi-cuisson, secoue, referme : c'est une ouverture au lieu de trois, et la vue sur la cuisson te dit exactement quand la faire.
Verre ne veut pas dire sans PFAS
Beaucoup d'acheteurs choisissent un air fryer en verre pour fuir les revêtements fluorés. Sur ce modèle, la fiche ne le promet pas : elle cite un revêtement antiadhésif, probablement sur la grille ou sur une partie du récipient, sans mention « sans PFAS » ni « sans PTFE ».
Si c'est ta raison d'acheter un modèle en verre, regarde un appareil qui l'écrit noir sur blanc. Le TurboTronic AFG6 Glass, par exemple, annonce un bol 100 % sans PFAS ni PTFE.
Pour tous les autres, le NutriChef reste un appareil agréable. Il suffit de traiter la partie antiadhésive avec les précautions habituelles : pas de métal, pas d'éponge abrasive.
5,5 L : 3 couverts à l'aise, 4 en serrant
Un récipient de 5,5 L sert 3 personnes sans forcer, 4 avec un plat qui supporte d'être serré. Pour des frites fraîches croustillantes, je compte 3 portions par fournée.
NutriChef le décrit à la fois comme adapté aux portions familiales et comme compact pour les petites cuisines. Les deux sont vrais à moitié : c'est un format moyen, qui convient très bien à un couple qui reçoit parfois, ou à une famille de 3.
Pour 5 personnes ou plus chaque soir, la taille devient juste. Tu enchaîneras les fournées, et la première sera froide quand la seconde sortira.
Dans un bol de cette taille, les plats qui réussissent le mieux tiennent sur 1 ou 2 couches : 4 cuisses de poulet, 2 pavés de saumon avec des légumes autour, une bonne poêlée de pommes de terre en cubes. Un poulet entier de petite taille peut passer, mais il touchera presque la résistance : surveille-le à travers le verre.
Les 8 modes et l'écran tactile
La fiche ne liste pas les 8 modes un par un. Elle cite les aliments visés : frites, poulet, steak, poisson, crevettes et légumes. On peut s'attendre à un programme par famille d'aliments, avec un temps et une température préréglés.
Comme toujours, ces programmes sont une base. Ils ignorent si ton panier contient une poignée de frites ou de quoi nourrir 4 personnes. Avec le bol transparent, tu corriges facilement : tu prolonges si ce n'est pas doré, tu arrêtes plus tôt si ça l'est.
L'écran tactile LED s'essuie d'un geste, sans recoin où la graisse s'accumule. Une heure de minuterie suffit à presque tout, sauf au séchage de fruits, qui demande bien plus.
Avant de cuisiner, passe le bol et ses pièces à l'eau savonneuse, puis laisse chauffer l'appareil vide un petit quart d'heure, fenêtre entrouverte. L'odeur de chauffe des premières fois disparaît vite. Profite de ce passage pour repérer les touches de l'écran, que la notice traduite ne rend pas toujours claires.
Mon test de la cuisson : ce que l'appareil permet
Avec 200 °C au maximum, l'appareil atteint la température utile pour les frites et les panés. Les surgelés, déjà enrobés de matière grasse, n'ont besoin de rien d'autre qu'une couche régulière et un brassage à mi-cuisson.
Côté frites maison : bâtonnets de même épaisseur, rinçage, séchage soigneux au torchon, puis une cuillerée d'huile pour les enrober. Le verre te laisse voir le moment où elles prennent couleur : sors-les à ce moment, pas à la fin d'un temps théorique.
Les viandes et les poissons profitent bien de l'air chaud : steak, crevettes, pavés de saumon, cuisses de poulet. Les légumes en morceaux grillent avec un filet d'huile. Comme la puissance n'est pas connue, je ne peux pas te promettre des temps courts : garde l'œil sur le bol les premières fois.
Une recette pensée pour le four se transpose en ôtant 20 °C environ et un quart du temps, puis tu observes. C'est là que le verre est le plus utile : sur un gâteau, un gratin ou un crumble, tu vois la croûte se former et tu n'as pas besoin d'ouvrir pour piquer au couteau trop tôt.
Un bol en verre qui craint les chocs
Les pièces amovibles passent au lave-vaisselle selon NutriChef. Le verre supporte bien ce traitement. La partie antiadhésive, elle, durera plus longtemps lavée à la main, avec une éponge douce.
Le verre se lave vite, mais il craint les chocs. Pose le bol sur un torchon et non sur un plan de travail en pierre, et ne le plonge pas brûlant dans l'eau froide.
L'arrêt automatique et la protection contre la surchauffe sont de série. Dégage les abords de l'appareil, et n'y empile ni torchon ni boîte pendant qu'il chauffe.
Après plusieurs passages au lave-vaisselle, un voile blanc peut apparaître sur le verre en eau calcaire. Un chiffon imbibé de vinaigre blanc le fait partir, et le bol retrouve sa transparence. C'est ce qui garde l'intérêt de la vue sur la cuisson.
NutriChef : une marque américaine peu connue ici
NutriChef vend surtout en ligne en France, avec des fiches parfois traduites de l'anglais. On ne la trouve pas en rayon chez les électroménagistes. Ça n'enlève rien à l'appareil, mais deux choses en découlent : c'est le marchand qui gère les pannes, et une pièce de rechange se déniche difficilement.
Range le ticket et l'emballage d'origine tant que l'appareil n'a pas fait ses preuves. En cas de souci, les 2 ans de garantie légale jouent, et c'est le site marchand qui organise le retour.
Un bol en verre cassé sera difficile à remplacer à l'identique. C'est la vraie contrepartie d'un modèle de marque peu distribuée : manipule le bol avec soin.
Côté tarif, ce NutriChef se range parmi les modèles à panier unique de milieu de gamme. À ce tarif, tu obtiens un bol transparent, une capacité familiale et un écran tactile.
Tu paies le verre, qui reste plus rare que le panier métallique. Si la vue sur la cuisson ne t'intéresse pas, un Cecotec ou un Silvercrest de même taille te donnera une fiche équivalente, avec une puissance connue.
Si tu hésites avec la version à 12 modes, regarde l'écart de prix le jour de l'achat. Quatre programmes de plus ne changent pas la cuisson, qui reste la même dans le même bol.
À l'usage, le vrai gain se mesure en plats ratés en moins. Sur un appareil opaque, on apprend ses temps en brûlant quelques fournées. Avec le bol transparent, la courbe d'apprentissage est plus courte, ce qui compte pour un premier air fryer.
Le NutriChef face aux autres air fryers en verre
1,5 L de moins : c'est l'écart avec le Meelryd en verre 4 L (/test-produit/meelryd-air-fryer-en-verre-4-l/), qui a lui aussi un réservoir en verre, 1350 W, un réglage de 60 à 190 °C et une minuterie de 120 minutes. Il vise un couple. À 4, les 5,5 L du NutriChef laissent plus de marge.
Sans PFAS ni PTFE écrit en toutes lettres : c'est ce que le TurboTronic AFG6 Glass (/test-produit/turbotronic-afg6-glass-6-l/) affiche et que le NutriChef ne promet pas, avec un demi-litre de plus et 1600 W annoncés. Il plafonne en revanche à 180 °C. Si le sans PFAS compte pour toi, il passe devant. Si tu tiens aux 200 °C, le NutriChef garde l'avantage.
Plus petit et signé d'une grande marque, le CRISPi FN101 (/test-produit/ninja-crispi/) répartit son verre entre un bol de 3,8 L et un petit de 1,4 L, sous un bloc de 1 700 W, avec le SAV Ninja en appui. Il vise 1 ou 2 personnes, avec des récipients qui servent aussi à conserver.
Chez Lidl, par arrivages, on trouve le Silvercrest en verre (/test-produit/silvercrest-air-fryer-en-verre/) : 2 récipients en verre, 1500 W, 4 programmes, 60 à 200 °C et un bouton rotatif. Plus simple que le NutriChef et ses 8 modes.
Le NutriChef garde 1,5 L d'avance sur l'Origial FryFit Glass 4 L (/test-produit/origial-fryfit-glass-4-l/), en verre aussi, 1500 W annoncés. Pour un couple, l'Origial suffit et prend moins de place. Dès 3 personnes, les 5,5 L du NutriChef sont plus confortables.